Modèles de chapeau

Bonnet

Couvre-tête souple sans bord, traversant l'histoire de l'Antiquité à nos jours, des bonnets phrygiens aux bonnets de sport modernes.

Définition

Le bonnet, dont le nom provient du bas-latin boneta (XIe siècle), désignait à l'origine l'étoffe servant à faire des coiffes, avant de qualifier par métonymie la coiffure elle-même. C'est un couvre-tête souple, sans bord, en jersey, panne, velours, toile ou dentelle, qui emboîte bien la tête et a servi aussi de support à des couvre-chefs plus élaborés. Dans le costume masculin, les hommes portent des calottes rondes dès l'Antiquité. Le bonnet, issu de la tradition phrygienne, passe d'Orient en Grèce. À partir du XIIe siècle, les hommes adoptent des couvre-chefs tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Au Moyen Âge apparaissent des bonnets à deux cornes rappelant les aumusses. Louis XI porte un bonnet ou cale sans bord sous son chapeau. Au XVe siècle, le bonnet rivalise avec le chapeau ; on voit le « bonnet à la coquarde », sorte de chaperon turban orné d'une crête. Sous François Ier, le bonnet d'usage courant cède peu à peu la place aux toques sous Henri II, Charles IX et Henri III. Au XVIIIe siècle, les hommes portent des bonnets d'intérieur brodés pour protéger leur crâne rasé, rendu chauve par le port de la perruque, dans des maisons souvent mal chauffées. Dans le costume féminin, les bonnets remplacent progressivement les coiffes et les cornettes. À la Renaissance, Catherine de Médicis lance le « bonnet de veuve », terminé par une pointe sur le front et recouvert d'un long voile. Sous Louis XIII, les femmes de la haute société se coiffent chez elles de petits bonnets ronds sans passe. Sous Louis XIV, le « bonnet à la Fontanges » règne pendant près de trente ans. Sous la Régence et Louis XV, les bonnets se réduisent parfois à des dimensions minuscules. Sous Louis XVI, ils se diversifient considérablement : « en papillon », « dormeuse » (porté la nuit), « baigneuse » (à ailes volumineuses), « bonnette » (à passe immense). La Révolution voit apparaître des bonnets aux formes ajustées ornés de cocardes : « à la Charlotte Corday », « à la patriote », « à la citoyenne ». Au XIXe siècle, les femmes portent presque toujours des bonnets ou leurs variantes. Dans les années 1950, le bonnet prend sa revanche sous des formes variées : petit et plat, ou haut et pointu en feutre, mélusine ou fourrure. Le bonnet accompagne encore les coiffures gonflantes de 1960 en crin, tulle ou fourrure, avant de trouver une nouvelle carrière grâce aux activités sportives et de loisirs, en laine tricotée, en polaire ou en caoutchouc pour la baignade. Dans le domaine militaire, le terme s'applique à diverses coiffures en matière souple et sans visière : le bonnet phrygien, le bonnet de police devenu calot, le bonnet de matelot ou bachis. De nombreuses expressions populaires témoignent de l'importance du bonnet dans la culture : « avoir la tête près du bonnet », « jeter son bonnet par-dessus les moulins », « opiner du bonnet », « les gros bonnets ».

Source : ENCYCLOPÉDIE Du couvre-chef - BOLOMIER

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